Le mur du 7a
Ces dernières semaines j’ai reçu pas mal de réponses au questionnaire que j’ai partagé, et j’ai aussi échangé avec plusieurs grimpeurs en visio.
Un truc revient presque à chaque fois. Le fameux 7a.
C’est un peu le graal.
Un peu comme en course à pied : beaucoup de gens veulent courir un marathon… souvent avec un temps précis en tête.
En escalade, le 7a joue un peu ce rôle symbolique. Et je pense que tu vois ça aussi autour de toi.
Sur Instagram, tu vois plein de grimpeurs qui enchaînent du noir, du violet, du 7a, du 7b…
Alors forcément, si tu fais du 6a ou du 6b, tu as parfois l’impression que ça ne vaut même pas la peine d’en parler.
Personnellement, je commence à être un peu fatigué du culte de la performance sur les réseaux.
Parce que la réalité est beaucoup plus simple :
Atteindre le 7a, ça prend souvent du temps. Personnellement, j’ai mis des années à faire mon premier en extérieur. J’en parlais justement là :
Et surtout, la stratégie classique
“je grimpe beaucoup et ça va finir par passer” fonctionne pour certains.
Mais pas pour tout le monde.
Et quand on creuse un peu ce qui se passe chez beaucoup de grimpeurs, on retrouve souvent le même cycle.
Une période de motivation.
Tu te dis que cette fois, tu vas vraiment t’y mettre.
Tu regardes quelques vidéos, tu notes deux ou trois idées d’entraînement.
Tu te dis :
“OK, je vais commencer la poutre.” Tout le monde en fait sur Insta, donc forcément, tu te dis que ça être pour une raison.
Tu fais deux séances chaque semaine. Tu es pas sûr de bien faire.
Tu finis par le faire un peu moins souvent.
Et puis entre faire de la poutre ou aller grimper avec des potes, tu choisis ce qui est le plus fun : grimper.
Alors la poutre disparaît.
Quelques semaines plus tard, tu tombes sur une vidéo de Brieuc sur le renforcement.
Tu testes deux exercices. Tu te dis que ça a l’air intéressant.
Tu les fais une ou deux fois quand tu y penses.
Et puis la réalité reprend sa place.
Le boulot.
La famille.
Les responsabilités normales d’un adulte avec un agenda déjà bien rempli.
Alors ton entraînement devient un mélange un peu flou :
un peu de grimpe
un peu de renforcement
un peu de repos
et beaucoup d’improvisation.
Et au bout de quelques mois, tu te retrouves exactement au même endroit.
Pas parce que tu n’es pas motivé.
Pas parce que tu n’es pas capable de progresser.
Mais simplement parce que tu es un humain avec une vraie vie autour de l’escalade.
Et le pire dans tout ça ? Tu as l’impression de faire des choses.
Mais tu ne sais jamais vraiment si ce que tu fais te rapproche du 7a ou pas du tout.

D’ailleurs, je me rends compte d’une chose assez souvent :
Beaucoup de grimpeurs veulent atteindre le 7a
mais pas forcément au point d’investir du temps, de l’énergie ou de l’argent pour ça.
Et c’est totalement OK.
Si tu grimpes uniquement pour le plaisir,
si ton objectif c’est juste de passer un bon moment à la salle ou en falaise…
alors ne change rien.
Mais il y a un autre cas que je vois très souvent.
Celui du grimpeur qui se dit :
“Ça serait quand même cool que je passe un 7a.”
Puis les mois passent. Puis les années.
Et ça donne un drôle de cycle :
motivation → espoir → stagnation → frustration → pause → retour de motivation.
Et ça recommence.
Le problème, ce n’est pas forcément ton niveau.
Le problème, c’est souvent le manque de direction.
On fait des séances. On essaie des trucs. On s’entraîne un peu.
Mais on ne sait jamais vraiment si ce qu’on fait nous rapproche de l’objectif.

Et c’est exactement pour ça que j’ai créé Le Point d’Équilibre.
Pas pour transformer quelqu’un en mutant sur un claquement de doigt (spoiler alert, c’est pas comme ça que ça marche)
Mais pour arrêter de s’entraîner au hasard et remettre de la clarté dans ta pratique.
Parce que parfois, la chose la plus utile n’est pas de faire toujours plus.
C’est de comprendre quoi faire et quoi arrêter de faire.
Si ce sujet te parle, j’en parlerai plus en détail dans les prochaines semaines.
Et si tu veux me répondre directement, je suis curieux :
👉 Qu’est-ce qui te frustre le plus dans ta progression aujourd’hui ?
Je lis toujours les réponses.
À bientôt,
Jocelyn
